Soutien aux inculpés du 11 Novembre : Le 31 janvier, Paris, Manifestation contre l’antiterrorisme.
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Le 31 janvier, Paris, Manifestation contre l’antiterrorisme.

jeudi 5 février 2009, par Rédacteur

15h pile, Luxembourg. Les flics peuvent faire les fiers, ils s’attendent à quelques centaines de manifestants, et eux sont 1250. Il y a les gendarmes mobiles qui empêchent de remonter vers St Michel, il y a ceux qui empêchent d’aller vers Denfert, il y a les CRS, tout le long du parcours, il y a les grilles et le canon à eau, devant la Santé, il y a les meutes de BAC qui pensent pouvoir se fondre dans le cortège, foulard sur la bouche. Et puis il y a, bien sûr, les services de renseignement, les photographes sur les toits, les mauvais RGs, et certainement aussi, les désormais fameux débiles de la SDAT, qui chercheront, à cette manif, un chef et ses lieutenants. L’ambiance est posée.

Sauf que finalement ça s’agrège, et nous sommes bientôt 3000 à s’engager dans Gay-Lussac. Même les médias l’auront noté, le cortège est hétéroclite, il y a les comités de soutien : de Paris à Tulle, de Limoges à Blois, il y a les drapeaux de la FA et de la CNT, il y a une fanfare, des clowns, des Verts. Il y a des banderoles aussi, nombreuses : « Malfaiteurs de tous les pays, associons-nous », « Ne nous laissons pas terroriser par l’Etat », « Nous sommes tous terroristes », « Faites sortir l’accusé », « J’aime le sabotage », (avec un effet graphique indescriptible ici consistant à remplacer le « aime » par l’image d’un crochet anti-caténaire). Assez rapidement les manifestants se masquent, de masques blancs portant l’inscription « terroriste ». Quelques policiers profitent aussi de cette possibilité d’anonymat. Les premiers fumigènes s’allument, puis des feux d’artifice, tout le long du cortège. Nous passons sous une banderole en solidarité avec les inculpés de l’antiterrorisme (et notamment Isa, Juan, Damien, et Julien), les incarcérés de Vincennes et de Villiers-le-bel. Des slogans pour libérer nos camarades, contre la terreur étatique, une chanson contre Sarkozy, de nombreux tags. Les flics, innombrables, à toutes les intersections, ne bronchent pas. Malgré les « flics, porcs, assassins ! ». Malgré les pétards et les fumis dans les pieds. Les vitres d’un local du PS tombent. Nous arrivons devant la Santé.

Là, c’est un dispositif pour une manifestation de 100 000 personnes qui est en place. On a même sorti le beau canon à eau de la préfecture de Paris. L’accès à la prison est bloqué. Les manifestants ne pourront pas aller saluer leurs camarades incarcérés. Alors les feux d’artifice qui leurs étaient destinés finiront (en partie) sur la police. Pendant une demi-heure les flics encaissent des dizaines de projectiles. Certains tombent. La préfecture annoncera 8 fonctionnaires blessés, dont deux à l’hôpital. Encore une fois ils ne réagissent pas. Il préféreront essayer de faire croire, le lendemain, que « c’est la faute à une centaine d’anarcho-autonomes un peu excités », quand c’est 3000 personnes, venues de toute la France, qui voulaient aller saluer les détenus.

La manifestation se disperse peu à peu à Denfert. Car une partie d’entre elle gagne une autre prison : le CRA de Vincennes, remonté en quelques mois après l’incendie de l’année dernière. Là-bas des manifestants seront arrêtés. A Paris aussi, quelques personnes : désignées par des flics en civil alors qu’ils quittaient la place.