Soutien aux inculpés du 11 Novembre : Des mots dangereux, ou que peut une parole insurrectionnelle ?
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Des mots dangereux, ou que peut une parole insurrectionnelle ?

mardi 28 avril 2009, par soutien11novembre

Tel qu’il s’est exprimé dans la presse et sur Internet, le soutien à Julien Coupat et ses amis accusés d’avoir saboté une voie ferroviaire repose sur la conviction que ceux-ci sont innocents. Il faut les défendre et les libérer, car ils n’ont rien fait, et, sans être les auteurs de quoi que ce soit, ils sont victimes avant tout des lois antiterroristes et liberticides mises en place ces dernières années par différents gouvernements de gauche comme de droite : voici rassemblé en quelques mots le discours en faveur du groupe de Tarnac.

Erreur politique, nous semble-t-il, de ces soutiens qui, en défendant des innocents, ne font en vérité qu’entériner définitivement leur propre impuissance critique et leur dramatique incapacité à agir. Dans la situation actuelle, il faudrait plutôt tenter d’envisager que Coupat et les autres ont été arrêtés non pas pour avoir saboté une ligne TGV, mais pour avoir publié un livre intitulé Une insurrection qui vient. Pour les autorités, c’est de cela qu’ils sont en vérité coupables, et de rien d’autre. Et c’est, paradoxalement, sur ce terrain-là et sur nul autre qu’il faut reconnaître leur culpabilité, seul terrain où, dans un premier temps, nous pourrons affirmer notre solidarité. « Paradoxalement », car nous sommes bien conscients de partir d’une assertion du pouvoir – Julien Coupat est l’auteur d’un écrit appelant à une révolte disqualifiée en terrorisme -, seule assertion qui, une fois revenue à l’essence même de cette parole insurrectionnelle, rend possible une action.

Voir en ligne : http://www.larevuedesressources.org...