Soutien aux inculpés du 11 Novembre : QUAND LA CONTESTATION SOCIALE EST ASSIMILÉE A DU TERRORISME
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QUAND LA CONTESTATION SOCIALE EST ASSIMILÉE A DU TERRORISME

jeudi 1er janvier 2009 , par soutien11novembre

Le mardi 11 novembre à Tarnac, en Corrèze, 150 policiers armés de mitrailleuses et encagoulés font une descente avec chiens et journalistes dans la ferme du Goutailloux. Une dizaine de personnes, des « jeunes », vivent dans cette ferme , ont repris l’épicerie du village et vivent d’une façon non « conventionnelle ». Neuf personnes sont inculpées pour « association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste ». On les accuse d’avoir saboté des caténaires de la SCNF.

Il n’y a aucune preuve matérielle de leur culpabilité. La police et la justice s’appuient sur les éléments suivants :

- présence de certaines personnes à proximité du lieu du sabotage le jour en question ;

- participation à des manifestations politiques (contre-sommet du G8 à Rostock, contre la tenue de la réunion sur l’immigration à Vichy, participation à des mouvements militants…)

- présence de matériel hautement dangereux : matériel d’escalade, fers à béton, pinces de forge…

- participation de certains d’entre eux à la rédaction du livre « L’insurrection qui vient » (disponible en librairie), essai politique et poétique.

Les médias, déjà présents lors de la descente policière, s’empressent de diffuser la version policière et judiciaire, et de l’amplifier de leurs jugements nauséabonds quant à ces jeunes qui proposent des alternatives au système dominant. Il semble qu’ils aient totalement oublié l’existence de la présomption d’innocence.

Ce qui rend possible un tel déploiement policier et judiciaire sans aucune preuve, c’est la législation anti-terroriste. Cette législation d’exception prévoit des dispositions spéciales : allongement de la durée de la garde à vue, maintien prolongé en détention provisoire, augmentation de la durée des peines et des amendes encourues…

Ces dispositions, inhabituelles dans le droit commun, peuvent s’appliquer à n’importe quelle personne suspectée d’avoir des « intentions » terroristes ! Nous pensons que cette législation antiterroriste met grandement en danger les libertés individuelles. A ce jour, deux personnes sont encore en détention, et les sept autres sous contrôle judiciaire.

Les 9 inculpés de Tarnac ne sont pas les seuls à subir les conséquences de cette législation antiterroriste. En janvier 2008, 3 personnes sont inculpées alors qu’elles se rendaient à une manifestation de lutte contre les centres de rétention, en possession de clous rouillés et de fumigènes : même traitement médiatique de l’affaire ("terroristes juniors"), même traitement judiciaire (inculpation sur intentions présumées et non sur faits, détention provisoire de 4 mois, liberté sous contrôle judiciaire).

Ces affaires s’inscrivent dans une démarche globale de criminalisation et pénalisation de la contestation sociale en général (CPE, mouvements lycéens, répression de syndicalistes…). Même le réseau RESF est qualifié de « terroriste » par un membre du gouvernement.

« Jusqu’à quel point allons-nous accepter que l’antiterrorisme permette n’importe quand d’inculper n’importe qui ? Où se situe la limite de la liberté d’expression ? Les lois d’exception adoptées sous prétexte de terrorisme et de sécurité sont-elles compatibles à long terme avec la démocratie ? Sommes-nous prêts à voir la police et la justice négocier le virage vers un ordre nouveau ? La réponse à ces questions, c’est à nous de la donner... »

Extrait de la pétition parue dans Le Monde du 27.11.2008

Pour nous joindre : soutientarnacbeauvais(at)laposte.net