Soutien aux inculpés du 11 Novembre : Création du Comité 84 de soutien aux inculpés de Tarnac
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LES NOUVELLES DU COMITE

    1er janvier 2009 - Création du Comité 84 de soutien aux inculpés de Tarnac

Création du Comité 84 de soutien aux inculpés de Tarnac

jeudi 1er janvier 2009 , par soutien11novembre

Le 11 novembre dernier, à Tarnac, 150 policiers appuyés par deux hélicoptères ont déferlé sur le Goutailloux, une ferme habitée par une communauté. L’opération, d’une brutalité inouïe, s’est soldée par l’arrestation de neuf personnes, dont deux sont encore à ce jour sous les verrous. Il est à noter que la police avait convoqué la presse pour l’assister dans son action d’intoxication médiatique.

Pour mieux comprendre, il faut remonter dans le temps. En janvier, Ivan et Bruno sont arrêtés, ainsi que quelques jours plus tard Isa et Farid, les uns pour avoir transporté des fumigènes et des crève-pneus, les autres parce qu’ils détenaient du chlorate de soude et de mauvaises lectures. Ivan, Bruno et Farid seront emprisonnés pendant quatre mois puis placés sous contrôle judiciaire strict. Pour Isa, l’affaire se gâte : on a retrouvé ses traces d’ADN dans un sac contenant des bouteilles d’essence et des allume-feux sous une dépanneuse de police. C’est aussi le cas pour Juan et Damien. Bien qu’ils nient tous les trois les faits qui leur sont reprochés, ils sont toujours emprisonnés depuis. Suivant la même logique d’escalade sécuritaire et en l’absence de réaction, Julien Coupat et Yildune Levy, de Tarnac, sont eux aussi séquestrés et inculpés des chefs "d’association de malfaiteurs à visées terroristes" sur la seule base de leur engagement et non des actes qu’ils ont peut-être commis, s’apprêtaient à commettre ou ignoraient totalement (un sabotage de caténaires). Ils sont soupçonnés, comme les autres, d’appartenir à la prétendue "mouvance anarcho-autonome".

Pour aucun des inculpés, la justice n’a pu réunir de preuve d’une quelconque action concrète : juridiquement, l’ADN est un indice, non une preuve : les erreurs, dues à des manipulations mal faites, voire à des "faux positifs" (ADN presque identiques), sont nombreuses. Parmi les inculpés, les uns luttaient contre les centres de rétentions, les autres contre les établissements pénitentiaires pour mineurs. Julien, Yildune et leurs amis faisaient encore pire : ils bâtissaient, à l’échelle du petit village de Tarnac, une autre façon de vivre qui ne repose ni sur la cupidité, ni sur la haine, ni sur la peur. Et ils luttaient, eux aussi. Ils étaient à Vichy, lors du sommet inique réuni pour statuer du sort des milliers d’êtres humains que la raison d’Etat déshumanise pour mieux les traquer, les brutaliser, parfois les pousser vers la mort.

La circulaire 08-1080-T26 du 13 juin dernier permet de requalifier de simples délits de droit commun en crimes terroristes. Les parquets peuvent se dessaisir de faits, voire, comme c’est le cas dans toutes les affaires citées ici, d’absence de faits alliée à des soupçons d’intentions, au profit de juridictions d’exception dignes de régimes totalitaires. Mais cette opération monstrueuse est peut-être l’opération de trop. En France, en Allemagne, en Belgique, en Russie, aux Etats-Unis, des comités de soutien aux inculpés de Tarnac et à tous ceux qui servent de "cheval de troie" aux forces de répression pour tester la passivité de la population s’organisent. Que personne ne soit dupe : si l’une des personnes citées est condamnée sous le régime de ces lois d’exception, le prochain, ou le suivant, sera un syndicaliste en grève bloquant son entreprise, le membre d’un collectif ou d’une association qui remet en cause la politique gouvernementale. Ne l’oublions pas : sans cette action directe souvent illégale que l’Etat essaie de criminaliser, le droit de grève n’existerait pas, et la démocratie qu’il prétend protéger n’aurait jamais vu le jour. Les cheminots en grève, pour des actions similaires, ont déjà été menacés d’inculpations qui remettraient en cause la possibilité même de lutte sociale. L’enjeu de ce bras de fer qui se dessine entre la société civile et l’Etat est tout simplement la liberté de penser, le droit de contester, le devoir de résister. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, pilier de la constitution française, reconnaît à l’homme quatre droits naturels et imprescriptibles, dont le quatrième est la résistance à l’oppression.

Nous avons décidé de créer à notre tour, dans le Vaucluse, un comité de soutien aux inculpés de Tarnac. Son objet est d’apporter un soutien moral et financier aux inculpés, de demander la libération et la levée des chefs d’inculpation de tous ceux qui ont été abusivement inculpés par le biais de juridictions d’exception, de demander l’abrogation de la circulaire du 13 juin. Si vous faites partie de ceux que les prisons, les Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs et les Centres de Rétention Administrative révoltent plus que ceux qui les combattent, si les bruits de bottes et le silence des pantoufles vous terrorisent plus que les poings levés, rejoignez-nous !

Un concert de soutien aux inculpés aura lieu le samedi 17 janvier au Parc des Libertés, sur l’île de la Barthelasse.

soutientarnac.84(at)gmail.com